Trek en Bolivie ( mai - juin 2005)                     << Retour suivi du voyage

2 mois et 1.000 km à pied en Cordillère des Andes

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Bilan du trek :

- 2 mois de marche avec 5 lamas , 3 ânes... et 2 enfants !

- 1000 km à pied entre les Cordillères andines et le lac Titicaca

- 6 cols à plus de 5000m

- une quinzaine de cols à plus de 4500m

- 12 kg de perdus pour Fabrice (Y'avait un peu de marge !)

- 2 agressions

- des nuits glaciales (températures comprises entre -10 et -15 degrés)

- une tempête de neige

- des centaines de contacts chaleureux

 

MVC-0017.JPG (57352 octets)Depuis l'origine de notre projet NOMADIS, nous avions envisagé de réaliser un trek au long cours dans la Cordillère des Andes. C'est à La Paz en Bolivie que nous nous plongeons activement à cette expédition. Pendant 3 semaines, nous passons nos journées à préparer notre matériel, faire coudre des sacs en jean pour nos équipements, peaufiner notre itinéraire et s'informer sur les animaux de bât : nous achetons 5 lamas et 1 âne (+ 2 par la suite). Nous prenons aussi contact avec Andres, un llamero Bolivien (spécialiste des lamas). Il nous donnera des conseils pour la gestion de nos animaux et nous apprendre les méthodes de chargement.

Pour les 3 premières semaines de trek, nous partons avec l'autonomie totale de nourriture car nous ne croisons aucun village. Notre poids d'équipement s'élève à 145 kg + 25 kg d'enfants !

Le démarrage est difficile. Nos lamas sont plus petits que prévu et ne peuvent porter toute la charge envisagée. Après 3 jours de trek, dans un village de la Cordillère Royale, nous achetons deux ânes supplémentaires. Nous voilà avec 8 animaux et 2 enfants en bas age à gérer !

Sur certaines portions de piste, nous installons les enfants dans la charrette CHARIOT qui, avec la 3eme roue, était une remorque parfaite qu'un de nos ânes tractait dans les montées. Sur les sentiers étroits de la Cordillère, c'est à dire le plus souvent, Leslie prenait place sur son "Titane" et se montrait très à l'aise tout se suite. Saut de petits ravins, traversée de rivière ou grimpette dans les pierriers abrupts ne lui posent aucun problème ! Cependant, chaque jour, elle marche à nos côtés une à deux heures. Nicolas, lui, se montre moins téméraire et préfère le sac a dos.

MVC-0024.JPG (58629 octets)Nous marchons 4 à 5 heures par jour. Entre le réveil du matin et le départ en trek, il faut compter 3 heures. Changer les enfants dans la tente encore gelée, préparer les biberons après avoir filtré l'eau, tout démonter et ranger les sacs, aller chercher les animaux qui sont partis au loin durant la nuit et enfin les charger. A des bivouacs compris régulièrement entre 4200 et 4700m, nous devons déjà souffler et boire avant de commencer à marcher !

L'hygiène est des plus rudimentaires. Il nous est même arrivé de laisser la même tenue aux enfants nuits et jours durant 12 jours ! Avec une température nocturne régulièrement à -15 degrés, nous leur rajoutons juste pour la nuit une cagoule, un manteau, une deuxième paire de chaussettes au dessus du collant avant de les glisser dans leur duvet. A 19h, ils dorment déjà tous les deux, épuisés par la longue journée de plein air. Nous ne tardons pas beaucoup derrière...

Marcher sur un sentier abrupt et étroit de haute montagne est une chose... gérer 8 animaux et 2 enfants dans ces conditions en est une autre. Notre "caravane" est parfois bien en ligne et marche régulièrement, nous savourons alors ces moments. Mais souvent, les lamas descendent vers la rivière à droite, les ânes à gauche et il faut zigzaguer et déployer toujours plus d'énergie à chaque kilomètre parcouru pour ramener tout le monde sur le sentier. C'est à ce moment que Leslie commence à fatiguer de marcher et qu'il faut la réinstaller sur Titane, que Nicolas se réveille et réclame un biberon et qu'enfin un sac sur l'un des lamas s'écroule. Dans le tohu-bohu, nous devons attraper le lama et lui refixer son chargement... Nous avons parfois le sentiment d'être débordé par les événements !

MVC-0029.JPG (57673 octets)A un bivouac qui semblait pourtant tranquille, nous subissons l'agression d'un paysan muni d'une machette et d'un fouet. Très menaçant, il nous réclame d'abord du matériel et beaucoup d'argent. Devant notre refus ferme et calme, il veut fouetter Fabrice ! Nous avons à faire à un fou... Nous cherchons à le calmer, lui présentons quelques billets pour le détendre. Finalement, il repartira avec 50 Bolivianos (5 euros). Nous démontons au plus vite le campement au cas où il changerait d'avis et reviendrait nous réclamer plus !

Notre deuxième agression a eu lieu 3 semaines plus tard, alors que nous étions en transit sur une piste. Depuis plusieurs semaines, la situation sociale en Bolivie est tendue et les paysans ont dressé des barrages routiers un peu partout dans le pays à l'aide de pierres et de barricades (plus aucun véhicule ne peut plus alors circuler de la capitale, jusqu'aux campagnes les plus reculées). Nous nous retrouvons face à ce type de barrage et surtout une soixantaine de paysans, dont la moitié éméchée ! Nous faisons profil bas car nous ne faisons pas le poids et leur expliquons que nous comprenons parfaitement leurs revendications... Une fois encore, on nous réclame de l'argent "pour la boisson" ! Nous laissons 10 Bolivianos (1 euro), ils semblent satisfaits. Nous passons.

Le reste du temps, nous croisons des Boliviens adorables et surtout très amusés de voir passer notre caravane et nos deux petites têtes blondes. Et lorsqu'au bivouac, ils nous voient charger nos animaux avec les méthodes ancestrales, ils sont complètements ahuris. Ils n'hésitent alors plus à nous prêter main forte, nous ne sommes plus des "Gringos" comme les autres à leurs yeux !

Entre la Cordillère Royale, le Lac Titicaca et la Cordillère Apolobamba, nous croisons des paysages d'une incroyable beauté : grands espaces, lagunes, glaciers... Et nous faisons aussi un voyage dans le temps car la vie des Indiens Aymaras et Quechuas dans ces montagnes reculées est digne du Moyen Age.

Après deux mois de marche dans la Cordillère des Andes Boliviennes, 1000 kilomètres environ parcourus et des moments très très forts, nous sommes arrivés dans le petit village de Pelechuco, la fin de notre trek. Nous y sommes restés une journée pour nous reposer et prendre une douche.

Emotion (surtout chez Leslie) au moment de la revente des animaux. Puis, nous avons pris le bus pour La Paz (les barrages étaient levés depuis la veille !). 13 heures de bus avec un départ à 4h du matin !

Nous sommes arrivés à La Paz avec une seule idée : dormir !

Cette expédition pédestre a sans doute été l'aventure la plus forte, la plus dure, la plus extrême que nous ayons pu vivre. Un moment extraordinaire !

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